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Optimisation topologique selon le procédé de fabrication (conception)
Statut : proposition, à valider avant tout développement (demande du 12 octobre 2026).
L’idée
On part d’une pièce qui « marche » (elle tient la charge dans l’onglet Simulation) et on demande au logiciel : où la matière est-elle vraiment utile ? Il enlève progressivement la matière qui ne porte presque rien, jusqu’à la masse visée, en respectant ce que la machine sait fabriquer. Le résultat ressemble souvent à un os ou à une branche d’arbre : c’est spectaculaire et très parlant pour des élèves, à condition de le présenter comme une suggestion à redessiner, pas comme une pièce finie.
Ce qui existe déjà et qu’on réutilise
- Les études de simulation : faces fixées, faces chargées, matériau (onglet Simulation). Ce sont exactement les données d’entrée d’une optimisation.
- Le calcul par cubes (voxels) et son solveur multigrille (
src/sim) : une optimisation demande 30 à 80 calculs successifs ; le multigrille les rend possibles dans le navigateur (une pièce de 8 000 cubes se calcule en environ une seconde). - La face posée sur le plateau (onglet Fabrication) : elle donne la direction d’impression.
- L’import STL (maillage → solide) pour transformer le résultat en étape de la pièce.
Méthode proposée : densités (SIMP), adaptée aux cubes
- Chaque cube reçoit une densité entre 0 (vide) et 1 (plein) ; sa raideur vaut densité³ × E (méthode SIMP, la plus éprouvée). Au départ, toute la pièce est à la densité visée.
- À chaque tour : calcul de la déformation, puis chaque cube gagne ou perd de la densité selon l’énergie qu’il porte (mise à jour « critères d’optimalité »), en gardant la masse visée.
- Filtre de taille : chaque densité est moyennée sur une boule de rayon r. Ce rayon impose l’épaisseur minimale des barres et parois, il vient directement du procédé (ci-dessous).
- Projection en fin de calcul : les densités sont poussées vers 0 ou 1 pour obtenir une forme nette, puis la surface est extraite (« marching cubes ») et lissée.
- Zones gardées : une fine couche autour des faces fixées et chargées reste pleine (on ne retire pas la matière là où l’on visse ou appuie). L’élève peut aussi désigner des faces à garder (portée d’un roulement, face d’appui…).
Coût estimé : 40 tours × 1 calcul ≈ 40 s à 1 min 30 pour 8 000 cubes sur un ordinateur récent, avec une barre de progression et l’aperçu de la forme qui se dessine au fil des tours (c’est aussi le plus pédagogique à regarder). Le calcul repart de la déformation du tour précédent, ce qui divise le nombre d’itérations du solveur.
Contraintes de fabrication
| Procédé | Contrainte | Traduction dans le calcul |
|---|---|---|
| Impression 3D (FDM) | épaisseur minimale (≈ 2 largeurs de buse, 0,8 à 1,2 mm) | rayon du filtre de taille |
| porte-à-faux limités (≈ 45°) : rien ne doit « flotter » au-dessus du vide | filtre « fabrication additive » couche par couche (Langelaar, 2016) : un cube ne peut être plein que s’il est porté par les cubes de la couche du dessous. Il s’écrit naturellement sur nos cubes alignés avec la direction d’impression | |
| direction d’impression | face posée sur le plateau (Fabrication), ou choisie dans l’étude | |
| pas de cavité fermée nécessaire | (non contraint en FDM ; à contraindre pour la résine) | |
| Découpe laser | pièce plate d’épaisseur constante | contrainte d’extrusion : densité identique dans toute l’épaisseur (calcul en 2D dans le plan de la plaque) |
| largeur minimale (≈ 2 × épaisseur pour le bois) | rayon du filtre | |
| Fraisage (plus tard) | pas de contre-dépouille, rayon d’outil | filtre d’accessibilité dans une direction ; rayon minimal des creux |
Ce que voit l’élève
- Onglet Simulation, une étude prête (faces fixées, charge, matériau, verdict « la pièce tient »).
- Bouton « Alléger la pièce » : choix du procédé (impression 3D / découpe laser), de la masse visée (curseur, par exemple 40 % de la masse actuelle) et de la direction d’impression.
- La forme se creuse sous ses yeux, tour après tour ; la masse et la contrainte maximale s’affichent.
- À la fin : comparaison avant / après (masse, flèche, verdict recalculé sur la forme obtenue).
- Trois suites possibles :
- la garder comme gabarit transparent pour redessiner une pièce propre par-dessus avec les outils habituels (démarche recommandée en classe : on comprend pourquoi la forme est ainsi) ;
- l’ajouter à la pièce comme étape « Solide optimisé » (maillage transformé en solide, non paramétrique, comme un STL importé), niveau Expert ;
- l’exporter (3MF, STL) pour l’imprimer telle quelle.
Étapes de réalisation proposées
- Carte d’utilité de la matière (petit pas, utile tout de suite) : dans le résultat d’une simulation, un affichage « énergie de déformation » qui montre la matière qui ne sert presque à rien. Un seul calcul, aucune nouvelle géométrie.
- Optimisation SIMP sur la pièce elle-même (on ne fait qu’enlever de la matière), avec filtre de taille, zones gardées, aperçu progressif dans le worker de simulation.
- Contraintes de procédé : impression 3D (porte-à-faux et direction), découpe laser (extrusion).
- Sortie : surface lissée, gabarit transparent, étape « Solide optimisé », export.
- Validation : nouvelle simulation automatique sur la forme obtenue ; tests de référence (poutre console, plaque trouée) comparés aux résultats publiés de la méthode (« 88 lignes » de Sigmund).
Niveau proposé : Expert (étapes 2 à 4) ; la carte d’utilité (étape 1) dès le niveau Intermédiaire.
Limites à annoncer
- Résultat indicatif comme la simulation : une seule charge, matériau homogène (le remplissage et les couches d’une impression ne sont pas modélisés), petites déformations.
- La forme suit la grille de cubes : la précision est celle du calcul (environ 1 à 2 mm).
- Transformer un maillage organique en solide peut échouer sur une forme très découpée : on garde toujours le gabarit et l’export STL / 3MF.
- Pas d’optimisation de forme sur plusieurs cas de charge ni de flambage dans un premier temps.